Naissance : présence du père .

 

 

La présence du père à la naissance de son enfant est désormais la norme. La norme, d’accord... mais est-ce vraiment évident ?

Un homme ne vit pas l'arrivée d'un enfant de la même manière qu'une femme. La proximité affective, moins charnelle et moins instinctive que celle de la mère, est parfois difficile à instaurer.

Inclure votre homme dans ces neuf mois de grossesse, valoriser sa place auprès de l'enfant, réenvisager l'équilibre du couple et lui laisser le temps d'investir son rôle... autant d'étapes essentielles à la future relation entre le père et son bébé.

 

 

 

 

Neuf mois... dans la tête de papa !

 

Lorsqu’on est enceinte, la présence de l’enfant devient progressivement une réalité. Pas seulement psychiquement (on «devient» une maman, on investit peu à peu son rôle, on imagine l’enfant, on fait des projets, on pense aux relations futures…) mais aussi physiquement.

> Une mère sent son enfant bouger. Et elle a neuf mois pour passer de l’état de femme à celui de maman, y compris en franchissant des moments difficiles (nausées, fatigues et parfois difficultés médicales).

> Pour les hommes, les choses sont différentes et paradoxalement plus complexes. Le père reste, quel que soit son degré d’investissement et de désir d’être là, à l’extérieur du processus. Il doit faire un effort d’imagination, communiquer avec sa compagne, poser des questions pour donner peu à peu réalité à un «espoir» d’enfant qui demeure virtuel.

Conseils
Il est très important que la mère garde à l’esprit cette particularité, toute focalisée sur sa grossesse soit-elle ! A elle de veiller à inclure le père dans la grossesse, en lui parlant du bébé et surtout, en n’hésitant pas à demander sa présence lors des consultations, des examens, des échographies.
«Le père doit apprendre à entrer dans la réalité de l’enfant, il doit être présent dès le début de la relation avec le bébé»,explique Daniel Bailly, pédopsychiatre et médecin à l’hôpital Ste-Marguerite de Marseille.

 

 

 

 

Une place essentielle

 

La place du père est différente mais essentielle pour le bon équilibre de la vie familiale et donc pour celui du bébé :
«Un enfant, ça se fait à deux, l’éducation ça se fait à deux. Le père ne doit ni en être exclu par une mère trop centrée sur l’enfant, ni s’en exclure lui-même en estimant qu’il deviendra père plus tard…»

En effet, même si le papa se reconnaît comme tel au moment où il prend son enfant dans ses bras, son rôle psychique avant la naissance reste fondamental. A tel point, d’ailleurs que, pour Daniel Bailly, un père qui n’assiste pas aux consultations, qui ne pose pas de questions sur le déroulement de la grossesse ou continue à vivre «comme si de rien n’était» envoie involontairement des signes inquiétants pour la suite de sa relation avec l’enfant.

Pour détecter ce genre de difficultés, Daniel Bailly souhaiterait une véritable consultation paternelle prénatale, voire une vraie «préparation à la naissance» à l’intention des futurs pères. «La présence des pères aux séances de préparation à l’accouchement, c’est bien, mais cela ne répond pas aux besoins spécifiques des papas.»

 

 

 

 

L'évolution du couple

 

Accéder au rôle de père, c’est accepter que le couple change, accepter de changer soi-même et… accepter que le statut de sa compagne se modifie aussi !

La femme n’est plus seulement une amoureuse. Pour beaucoup d’hommes, cette modification est peut-être la plus difficile à intégrer. Pourtant, elle est indispensable. Il s’agit d’une réalité. La relation amoureuse exclusive, érotisée existe toujours, mais s’accompagne désormais d’un nouvelle image : l’amoureuse est devenue maman.

Certes, le père peut toujours refuser d’assister à la naissance, par peur d’un traumatisme désérotisant… mais la réalité est là, qu’il faut intégrer.
Autrement dit, explique Daniel Bailly : «le couple doit grandir. Passer du stade adolescent au stade adulte, parental.»

 

 

 

 

Prendre ses marques

 

La question de la présence du papa à l’accouchement, on le voit, n’est pas aussi simple qu’il y paraît.
> Oui, la présence du père à la naissance de son enfant est souhaitable. Pour le père lui-même, pour sa compagne (partage, soutien) et pour l’enfant.
> Non, il ne faut pas contraindre.

Culpabiliser le père qui refuserait, le forcer, non seulement ne servirait à rien, mais provoquerait sans doute un blocage, un ressentiment, un malaise, néfastes pour la relation familiale. Et puis, il s’agit de respecter la liberté de chacun, pas dans une attitude sociale de type «ça se fait ou ça ne se fait pas»…

La présence paternelle à la naissance doit provenir d’une démarche volontaire, réfléchie, acceptée et désirée. Elle doit participer d’une maturation, d’un cheminement. Il s’agit de vivre pleinement ce moment magique de la naissance, à deux. De mettre ensemble son enfant au monde.

Si, malgré tout, votre compagnon refuse d’assister à l’accouchement, ne vous inquiétez pas. Le sentiment paternel se construira au fil du temps. A vous de laisser toute sa place au papa, de le laisser s’occuper de son enfant, de ne pas vouloir «faire à sa place» sous prétexte qu’il est maladroit ou qu’il ne fait pas «comme il faut». Après tout, chacun apprend.

Laissez-le faire à son idée. Elle sera sûrement bonne, même si elle ne correspond pas à vos critères : votre bébé lui, appréciera que papa le câline, lui donne son biberonet le change. L’amour et la tendresse sont le plus important !

 



04/03/2012
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