Le stress face à la maladie et mort d'un proche

Avec quelques ami(e)s blogueurs nous avons décidé d’écrire des articles en rapport avec notre blog sur  le thème de “le stress » 


 

LE STRESS FACE À LA MALADIE ET MORT D’UN PROCHE

 Comment résister et survivre pendant et après ?

 

Quand un proche tombe gravement malade après le choc qui nous assomme nous vivons dans un stress permanent. Va-t-il (elle) s’en sortir ? Va-t-il (elle) mourir ? Qu’allons-nous devenir ? L’angoisse de perdre un parent, un enfant, notre femme,  nous plonge souvent dans un tel état d’hébétude et d’anxiété que nous vaquons à nos occupations comme des automates.

vivre un deuil

LES PHASES OBLIGATOIRES PAR LESQUELLES NOUS PASSONS LORS D’UN DEUIL

Elisabeth Kubler-Ross psychiatre et psychologue née à Zurich, a fait la plus grande partie de sa carrière aux USA  et est aujourd’hui connue pour ses travaux sur les soins palliatifs (les personnes en fin de vie) . Selon elle, il y a cinq étapes pour surmonter n’importe quel deuil (physique, affectif, social, etc)

Première étape  : le CHOC, le REFUS, le DÉNI :

« Ce n’est pas possible, ça ne peut pas m’arriver à moi, NON » (certains psys font la différence entre le CHOC et le DÉNI – et ont donc six étapes au lieu de cinq)

Deuxième étape : LA COLÈRE :

« Pourquoi moi, mais qu’ai-je fait pour mériter une chose pareille, c’est injuste » (c’est pendant cette période que s’installe souvent la culpabilité). C’est la phase où l’on est en colère avec celui qui est malade ou qui est mortt

Troisième étape : LE MARCHANDAGE (on entre en négociations et en chantages avec avec notre Dieu, l’Univers ou n’importe quelle entité qui par « magie » pourrait résoudre le problème SI …)

« Si ma mère guérit, si ma femme s’en sort, si mon petit garçon sort du coma » je ferai ceci ou cela, je Vous le promets, je Vous le jure

Quatrième étape : LA DÉPRESSION 

C’est la période des souvenirs qui font mal, des remises en question, de la détresse. On ne sait pas trop comment on va surmonter la perte d’autant que nous ne savons même pas si un jour nous arriverons à la surmonter . Cela dure plus ou moins longtemps mais la période est très difficile

perte d'un être cher

 

Cinquième étape : L’ACCEPTATION :

Dernière étape du deuil où on reprend goût à la vie, on recommence À VIVRE DANS LE MOMENT PRÉSENT.
Des moments de tristesse peuvent encore survenir mais l’impact émotionnel sera moins vif et on arrive à prendre rapidement du recul par rapport aux souvenirs qui surgissent

Pour illustrer ce que je viens de dire, je vais vous raconter un cas personnel

COMMENT JE SUIS CONFRONTÉE AU PREMIER DEUIL D’UNE LONGUE SÉRIE

Le 18 décembre 1988 le ciel m’est tombé sur la tête. J’ai découvert que ma mère n’était pas immortelle. Oui ça peut faire rire en lisant cela mais je n’avais pas vu ma mère vieillir et encore moins arriver à l’âge de 84 ans.

Je la voyais toujours avec mes yeux d’enfant. Pas un seul instant je n’avais imaginé qu’elle puisse être malade et encore moins mourir. Combien sommes-nous dans ce cas-là ? Pas mal si j’en crois les livres qui traitent du sujet.

Première étape  : CHOC,  REFUS,  DÉNI :

Non, ce n’était pas possible, je lui avais parlé à midi et tout allait bien. C’était sûrement une erreur Mais enfin comment était-ce possible ? Elle allait bien hier et ce midi, nous devions passer le Noël tous ensemble avec mes enfants.

Deuxième étape : LA COLÈRE :

Et puis après il a bien fallu se rendre compte qu’après deux autres attaques elle était dans le comas. Alors là, j’étais en colère contre les médecins les infirmières et même mon père. Ils ne s’en occupaient pas assez bien c’est pour ça qu’elle était dans cet état. Ils pouvaient faire quelque chose mais comme elle était âgée ils s’en fichaient. Comment pouvait-elle me faire ça, un coup pour lequel je n’étais pas préparée du tout.
Mais et je suis très très rapidement passée à la

Troisième étape : LE MARCHANDAGE

Je me revois encore à la porte de la chambre de ma mère, priant priant implorant désespérément : “je T’en supplie fais qu’elle s’en sorte et je Te jure que plus jamais je ne me disputerai avec elle, plus jamais je ne m’énerverai avec elle, j’irai déjeuner tous les dimanches chez mes parents, mais je T’en supplie sauve-la”. 

Elle est finalement sortie du comas et là je me suis remise à espérer. Il m’avait entendue, c’était sûr elle allait s’en sortir. Je ne disais pas MOURIR pour conjurer le mauvais sort. En prononçant le mot, il m’aurait semblait que j’allais attirer ce que je craignais le plus au monde.

Cette période de marchandage a été pour moi la plus éprouvante de toutes les phases. La douleur était telle que je crois bien que je devenais gaga.

 

Phase intermédiaire : partagés entre espoir et désespoir

Et puis, chacun s’est installé dans la routine, maison avec les enfants, hôpital, travail, hôpital, la maison de mes parents pour voir mon père et le lendemain idem. Si ça dure, on espère. Nous avons passé Noël partagés entre l’espoir et le désespoir et ceux qui sont déjà passé par là comprendront.

le deuil

Et puis le 3 février 89, elle est morte. Là, je suis repartie à la première étape (je vous passe les détails). Souffrance indicible car j’étais très attachée à ma mère en dépit de nos différends. 

 

LE TEMPS DE LA DÉPRIME : Quatrième étape

Quand vous vous rendez compte après le cimetière que c’est fini, irrémédiablement fini, qu’il n’y a plus de marchandage, vous n’avez pas été entendus La PERSONNE EST PARTIE, DÉFINITIVEMENT PARTIE alors là vous sombrez. 

Ont commencés pour moi les “il y a X jours elle était encore avec nous”, “ah oui quand on est allés là c’était rudement chouette alors qu’en réalité ça ne l’était pas du tout”. Beaucoup de souvenirs se teintent  de rose et puis la fichue culpabilité qui est souvent présente : ‘j’aurais dû, il aurait fallu, je n’aurais pas dû”. Cette phase peut durer des années et parfois jusqu’à la fin de notre vie.

J’ai été envoyée d’office chez le toubib parce que je perdais les pédales. Quelques comprimés plus tard, je suis arrivée au début de la

Cinquième étape : L’ACCEPTATION  

Ici pas besoin de trop d’explications on commence lentement à s’en sortir jusqu’à la fin du processus. La fin du processus c’est quand vous arrivez à pouvoir parler de la personne décédée sans pleurer ou sans avoir votre coeur qui se serre de désespoir.

Quand vous pouvez avoir suffisamment de recul émotionnel pour ACCEPTER que la personne est partie mais que cela fait partie du processus de la vie. On vit et un jour eh bien nous mourrons. 

Quelques trucs qui m’ont aidée à gérer le stress du deuil et qui peut-être vous seront de quelque utilité :

accepter votre souffrance et si vous avez envie de pleurer PLEUREZ
parler avec des amis, demander leur aide car la mort est devenue tabou dans notre monde occidental et elle dérange. Curieusement votre téléphone ne sonnera plus beaucoup car les gens ne savent pas comment affronter la Grande Faucheuse alors ils se défilent (pas par manque d’amitié mais seulement parce qu’ils ne savent pas quoi dire)
s’occuper le plus possible avec de petites choses concrètes qui occupent l’esprit : aller payer la cantine, l’inscription au foot de votre fils, aller chez le teinturier, faire des listes de choses à faire, avoir toujours des choses à faire et dès que le souvenir revient STOP (c’est vraiment ce que je faisais, je me disais STOP, “il faut aller chez le charcutier, à Monoprix ou ailleurs et ça me détournait  des souvenirs et quand ça recommençait idem). C’est pour cela qu’il faut avoir plein plein de choses concrètes à faire)
trouver une occupation qui vous passionne (apprendre la peinture, la sculpture, l’informatique, la voile; etc). C’est à ce moment-là que j’ai appris la graphologie
s’inscrire à une association et y participer activement
faire du bénévolat car en vous occupant des autres vous ne pouvez pas laisser vos pensées vagabonder
sortir avec des amis au restaurant ou les recevoir chez vous (ce n’est pas parce que vous vous amuserez lors d’une soirée que vous devez culpabiliser et cela ne veut pas dire non plus que vous manquerez de respect à la personne disparue)
faire de l’exercice ou apprendre des techniques de relaxation
Et surtout dès que vous sentez la douleur revenir, ne la repoussez pas car plus la repoussez plus elle aura tendance à revenir avec plus de force.

 

Faire son deuil est une démarche personnelle et unique. Certains mettront des mois d’autres des années. Il est généralement admis que deux années sont nécessaires pour passer réellement à l’ACCEPTATION.

Faire son deuil en quelques mois ne veut pas dire que la personne a OUBLIÉ la personne disparue, cela veut simplement dire qu’elle a réagi plus vite à la situation même si la douleur est toujours là.

Ce n’est NI BIEN NI MAL c’est comme ça. Le stress dans tous les cas de figures sera présent du début à la fin. Il s’éloignera quand nous aurons définitivement admis que la personne est partie et que l’impact émotionnel ne sera plus aussi violent. Nous pourrons avoir un pincement au coeur mais nous n’éclaterons plus en pleurs dès que le nom du (de la) personne disparue.

 



28/02/2012
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